Jésus, «cet homme qui est aussi mon Dieu», affirme Marion Maréchal

De retour de voyage en Israël, où elle a assisté à une conférence internationale sur l’antisémitisme, la députée européenne Marion Maréchal a partagé sur les réseaux sociaux le 29 mars ses impressions sur sa découverte de Jérusalem et les liens qu’elle fait avec sa foi chrétienne… Elle multiplie également les références anti-islam, un des axes du parti nationaliste conservateur Identité Libertés qu’elle préside.
«L’on ne revient pas indemne de Jérusalem. Tant d’Histoire sur si peu de mètres carrés donne le vertige. Tout au long de ma visite, je me suis sentie comme privilégiée. Le privilège de me trouver là où s’est produit le plus extraordinaire évènement de l’humanité: la venue du Messie», a ainsi déclaré la nièce de Marine Le Pen et petite-fille de Jean-Marie Lepen. «À Jérusalem, chaque image de l’univers biblique qui a façonné notre monde chrétien prend soudainement vie», a poursuivi l’ancienne proche d’Eric Zemmour. Se disant «bouleversée» par sa visite du Saint Sépulcre – lieu supposé du tombeau du Christ – Marion Maréchal qui se déclare catholique pratiquante, atteste dans son texte de sa foi chrétienne: «Le récit des Évangiles me saute à l’esprit et j’imagine devant moi le corps de cet homme qui est aussi mon Dieu.» Une déclaration de foi explicite relativement rare dans le paysage politique français.
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Sur le chemin de Croix, la députée européenne raconte s’imaginer être Simon de Cyrène aidant Jésus à porter le fardeau de sa croix, ou Sainte Véronique venant essuyer son front pour soulager un peu de sa souffrance. Avant de poursuivre «Puis, l’on ouvre les yeux et l’on se sent soudainement triste, accablé par la médiocrité de nos péchés et la vacuité de nos existences.»
Un message aussi politique
Si le message avait un caractère personnel et contemplatif, il n’était pas dénué de politique; Marion Maréchal rappelant à de multiples reprises le caractère anti-islam de son parti en faisant notamment référence aux croisés, qui ont marqué dans la pierre «l’éternité de leur foi et de leur courage» qui «sont morts dans l’espérance de voir Jérusalem libérée du joug musulman». Elle a également souligné que «le combat démographique pour la Terre Sainte ne s’arrête pas aux frontières de la vie» en décrivant le plus grand cimetière juif du monde faisant face à «un immense cimetière musulman cherchant, là aussi, à étendre mètre après mètre la prééminence d’Allah par la présence de ses morts».
En 2015, celle qui était alors députée du Front national du Vaucluse avait suscité une vive polémique au sein du protestantisme en publiant un discours sur sa page affirmant que la Provence était «une terre d’identité et de résistance (…) face à l’invasion sarrasine (…) face à la terreur révolutionnaire, face à la réforme protestante, face à l’occupant allemand, face au funeste projet de l’Union européenne en 2005». Des propos alors qualifiés de «scandaleux et irresponsables» par la Fédération protestante de France (FPF).
Un grand-père paternel pasteur pentecôtiste
Dans une lettre à François Clavairoly, alors président de la FPF, Marion Maréchal avait affirmé n’avoir pas tenu ces propos à l’oral et qu’il s’agissait de la version non modifiée de son discours. «Je suis d’autant plus désolée de ce malentendu que ma famille paternelle est de confession protestante et mon grand-père pasteur (il était pasteur pentecôtiste, ndlr.). Cet héritage familial m’a permis de recevoir une éducation religieuse protestante dans mon enfance en parallèle du catéchisme catholique».
De retour de Jérusalem, cette prise de parole de Marion Maréchal, cheffe du parti Identité Libertés, (héritier de Sens commun – émanation politique de la Manif pour tous – et du Mouvement conservateur), s’inscrit dans la tendance d’un renouveau du nationalisme chrétien. En octobre 2022 Christianisme Aujourd’hui avait consacré un dossier à ce sujet.
