Ordination des femmes: L’Église luthérienne de Lettonie quitte la plus grande organisation protestante d’Europe

L’Eglise protestante luthérienne de Lettonie (EPLL) a officiellement quitté la Communauté des Eglises protestantes en Europe (CEPE). Cette décision de la congrégation luthérienne a, en réalité, été prise en 2021 durant un synode, mais n’a été actée que durant la 9e assemblée générale de la CEPE, qui s’est tenue du 27 août au 2 septembre à Sibiu en Roumanie. En cause: l’ordination des femmes. En effet, l’EPLL a aboli la nomination des femmes pasteures en son sein en 2016.
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Une chronologie dissonante
La réflexion et le dialogue se sont déroulés sur le long terme. Lorsque l’EPLL a rejoint la CEPE en 1975, le sujet n’était pas sur la table, a expliqué l’archevêque Janis Vanags à IDEA. Puis, lorsque l’EPLL a mis fin à l’ordination des femmes en 2016, la CEPE a réagi: ce choix contredisait une déclaration antérieure de la Communion. «Nous étions entrés en contradiction avec un document qui n’existait pas encore au moment de notre adhésion. Lorsque nous nous sommes rendu compte de ce fait, il nous restait soit de retirer la décision du synode, soit de quitter la CEPE», ajoute Janis Vanags. C’est la seconde option qui a été retenue, avec «tristesse». «L’Eglise du Christ est une continuation de son incarnation. C’est un corps dans lequel le Seigneur ressuscité continue à vivre et à agir dans le monde. Le corps doit être entier, pas blessé», déplore l’archevêque luthérien.
Le sentiment est partagé par la faîtière européenne. Les signataires du rapport final sur l’assemblée générale de la CEPE à Sibiu ont en effet relevé que «le retrait de l’Eglise protestante luthérienne de Lettonie de la CEPE a été enregistré avec regret». L’ordination des femmes est par ailleurs rejetée par de nombreuses autres Eglises luthériennes. L’EPLL compte environ 700 000 membres sur le continent.